KLAUS. Samedi, les pompiers landais ont reçu la médaille d'argent du courage et du dévouement
Sapeurs sans peur
Le préfet, Evence Richard, est franchement réjoui d'épingler le drapeau des pompiers landais. (photo pascal bats)
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» Labrit, 6 h 52, urgence naissance
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C'est un moment rare. Samedi après-midi, dans les locaux neufs du centre de secours de Souprosse, le préfet des Landes, Evence Richard, a accroché la médaille d'argent du courage et du dévouement sur le drapeau du corps des sapeurs-pompiers landais.
C'est la deuxième fois seulement depuis sa création en 1947 que le corps est ainsi honoré. Il avait déjà reçu la médaille de bronze du courage et du dévouement pour son action pendant les grands incendies de 1976.
Trente-trois ans plus tard, Klaus a donné aux pompiers landais l'occasion de se distinguer de nouveau. Bien malgré eux mais sans compter.
Un vieux soldat témoigne
Les discours des officiels, forcément nombreux pour une occasion pareille, en rendent compte. François Sourbié, le chef de centre, apporte le premier témoignage. Les tempêtes, il les a toutes faites depuis 1976 mais Klaus c'était différent, « un cyclone plus qu'autre chose ». Venant d'un vieux soldat comme lui, le distinguo vaut d'être entendu.
Le colonel Olivier Bourdil dit sa fierté, son émotion et son bonheur de voir le corps qu'il commande ainsi récompensé. Il parle de courage, d'abnégation et rend hommage aux épouses et à leur sens de l'intendance. « Un bon soldat est un soldat qui a le ventre plein. » Un adage qui vaut pour d'autres catégories de population.
Robert Cabé, président du Sdis, en a profité pour rappeler les investissements du Conseil général en la matière. Le nouveau centre de Souprosse est le 50e du département à être rénové ou carrément refait en une grosse dizaine d'années. Ce maillage n'est sans doute pas étranger à l'efficacité des secours durant et immédiatement après Klaus.
Trois accidents mortels
Richard Desbieys et Jean-Marc Antonini, respectivement lieutenant-colonel à Dax et à Mont-de-Marsan, livrent le plan de bataille.
« Nous avions anticipé la tempête et caserné le personnel. On se doutait que les routes seraient coupées. » Une centaine de pompiers est sur le pont et se retrouvera en première ligne quelques heures plus tard.
Consigne est donnée de ne pas sortir avant 10 heures sauf en cas d'urgence. « En 1999, les gars étaient sortis trop vite, quand les arbres tombaient partout. »
Les urgences seront nombreuses (lire par ailleurs). Dans les grandes lignes, les deux officiers se souviennent de trois accouchements et autant d'accidents mortels, une escorte de greffon à remonter sur Bordeaux, des hémorragies, des détresses cardiaques...
Didier Dinclaux, adjudant-chef à Pouillon, raconte. « À 4 h 20, j'ai un bip. C'est une cheminée dans une maison à deux kilomètres du centre. » Les secours n'iront pas loin. « Un arbre tombe devant le véhicule, un autre tout de suite derrière. » Par précaution les pompiers l'abandonnent. Ils le retrouveront un peu plus tard, indemne. Il leur faudra une journée pour dégager 300 mètres de route en évitant les chutes de pins.
À 10 heures, quand la consigne est levée, le vent décorne toujours les boeufs et continue d'abattre les arbres. Qu'importe. Le soir venu, « depuis tous les villages, on pouvait accéder à un hôpital. » Plutôt que de récompenser seulement ces soldats des premières heures, c'est l'ensemble du corps qui a reçu la médaille. Dans les Landes, le courage et le dévouement sont des qualités partagées.
Labrit, 6 h 52, urgence naissance
Les consignes sont donc strictes. Au centre de secours de Labrit comme partout dans les Landes. Ce matin du 24 janvier, la tempête est à son acmé. Interdiction d'intervenir sauf urgence vitale. 6 h 52, un message tombe. « Une femme enceinte a perdu les eaux à Garein. » Comme qui dirait une urgence vitale. Branle-bas de combat, direction l'apocalypse. Deux convois se forment, l'un à destination du domicile de la future maman, l'autre pour aller quérir un médecin. Camion pelle en renfort, tronçonneuses en surchauffe, les pompiers progressent péniblement. Pire que péniblement. « On s'arrêtait là où les arbres étaient déjà tombés ou au niveau d'une clairière pour éviter d'être blessé. » Ils dégagent juste la largeur nécessaire au passage des véhicules. Des arbres tombent devant, derrière. Parfois c'est limite. Un arbre, gigantesque, enrhume un des sapeurs mais épargne sa colonne vertébrale. À 10 h 30, trois heures et demi plus tard, les secours parviennent à Garein. Ils finissent à pied. Dix minutes plus tard, Naïl Harraou naîtra entouré par les sapeurs. Il va bien. Sa maman aussi. En arabe, Naïl veut dire « cadeau du bon Dieu ».
Ce matin-là, sous la tempête, même les mécréants étaient tentés d'y croire.
J.-F. R.
Auteur : jean-françois renaut
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LOS OJOS SON EL ESPEJO DEL ALMA[u]

QUIEN MUCHO HABLA, MUCHO YERRA.....